Je vais essayer de répondre simplement (pas facile dans une situation qui ne l’est pas vraiment !)
Il y a quelques années, Evelyn Flynn et un groupe d’éleveurs ont décidé de recenser les chevaux correspondants à un standard défini.
Ils ont décidé de les appeler les « Irish Cob ».
Pour ce faire dans les meilleures conditions, l’IRISH COB SOCIETY IRELAND a été crée. Cette association a ensuite défendu sa position auprès de son ministère de l’agriculture, qui lui a permis de délivrer des passeports aux normes européennes pour les chevaux d’appellation « IRISH COB ».
Devant le succès de cette race dans le reste de l’Europe et dans le monde, des correspondants sont apparus dans chaque pays demandeur.
Dans de nombreux cas des associations se sont crées pour gérer le cheptel des chevaux Irish Cob et créer le contact avec le studbook mère. Le nom de ces associations, crées spécialement dans le but de gérer les chevaux de race Irish Cob ont utilisé des noms qui coulaient de source : L’Irish Cob Society Netherland, l’Irish Cob Society Danemark, L’irish Cob Society Suede, l’Irish Cob society France… mais dans certains cas, des associations déjà bien en place et gérant déjà plusieurs autres races, ont obtenu l’accord du studbook mère Irlandais pour représenter la race, c’est la cas de l’ECHA-ESV qui en plus de l’Irish Cob est aussi le gérant d’autres races. Il ne s’agit par d’un studbook de chevaux de couleurs où tous sont mis en vrac, il s’agit d’un studbook qui gère plusieurs races, comme les Haras Nationaux Français par exemple.
Quand le race Irish Cob sera reconnue en France, les Haras Nationaux Français seront aptes à inscrire des IRISH COB selon les accords qui seront convenu avec le studbook mère.
Certains pays n’ont pas d’organisme équivalent aux Haras Nationaux qui gèrent toutes les races reconnues dans le pays. Certains Pays choisissent de déléguer cette fonction aux associations qui après reconnaissance par le studbook mère et agrément de leur ministère de l’agriculture, sont chargé eux même de recenser, enregistrer, inscrire et délivrer les passeports correspondants à la race qu’ils représentent. C’est le cas entre autre de l’IRIS COB SOCIETY Netherland.
L’été dernier, après plusieurs avertissements du ministère de l’agriculture Irlandais, l’Irish Cob Society Ireland a perdu son pouvoir. Révoqué par le ministère, l’ICS Ireland n’était plus en mesure de gérer l’élevage, l’inscription à titre initial, l’agrément des reproducteurs ni de délivrer des passeports.
Toutes les années de travail de recensement et de filiation de la race Irish Cob risquaient alors de tomber.
N’oublions pas que TOUTES LES ASSOCIATIONS qui délivraient des pass en toutes légalité avant la tombée de l’ICS Ireland étaient reconnues par cette dernière, il s’agit d’une des conditions de base pour que l’association du Pays concerné puisse obtenir la capacité de gérer la base de donnée de la race et de délivrer des pass, le studbook mère (donc l’Irlande) doit donner son accord ! Ces associations et studbook ne se sont donc pas crées seuls, dans le but de prendre la place de l’ICS Irlande, mais dans une but de coopération.
Donc à la chute de l’ICS Irlande, les autres associations se sont retrouvées sans tête… il n’était pas question pour autant de ne pas continuer le travail qui avait été commencé. Les associations de tous les Pays se sont alors concertés afin d’essayer de retrouver une tête. Il a été décidé que l’Allemagne, qui gère une énorme association et possède donc une très grande expérience dans la gestion des races, serait la candidate idéale.
L’ECHA-ESV a donc fait la demande auprès de la commission Européenne pour obtenir le titre de studbook mère. Dans l’attente de cette décision, les associations délivrant des pass ont obtenu un accord provisoire de la commission Européenne pour continuer de travailler « comme avant ». D’où la disparition entre autre de l’ICS NL des listes de studbook habilités à délivrer des pass, pendant quelques semaines au mois de septembre dernier. Situation momentanée en la chute de l’Irlande et l’autorisation provisoire d’exercer.
Au mois de Février 2006, la reconnaissance officielle de l’Allemagne comme studbook mère est arrivée. Tout fonctionne donc toujours comme avant. Juste avec une autre tête.
Ce qui est important c’est ce qui est écrit en face de « race » sur votre passeport. Peu importe qui le délivre, pourvu que l’organisme soit habilité à délivrer des passeports mentionnant la race Irish Cob. C’est là que le lien vers le site
http://forum.europa.eu.int/irc/sanco/vets/info/data/breeding/br-eq.html#GERMANY est important, c’est effectivement sur ce site que vous trouverez qui peut délivrer des passeports portant la mention “IRISH COB”.
En allant dans l’Allemagne on peut lire que parmi les races pour lesquelles l’ECHA-ESV est capable de délivrer des pass vous trouvez l’IRISH COB. La colonne suivante vous dit à quel studbook mere cette race est reliée, et là on peut lire “allemagne”. L’allemagne est donc bien le studbook mere de la race IRISH COB. C’est à dire que c’est eux qui centralisent les informations pour tous les chevaux de cette race.
Vous pouvez en allant lire les studbook Hollandais, trouver l’Irish Cob Society Netherland est habilitée à délivrer des passeports pour les chevaux de race Irish Cob.
Vous pourrez aussi voir qu’à ce jour aucun organisme Irlandais n’est autorisé à gérer la race IRISH COB.
On constate aussi qu’en France, seuls les haras nationaux sont habilités à délivrer des pass, pour toutes les races reconnues sur le territoire Français.
Ne soyez donc pas surpris de voir arriver des pass avec pour entête Irish Cob Society Netherland ou ECHA-ESV, ce qui est important c’est qu’il soit bien écrit IRISH COB en face de race. Lorsque la race sera reconnue en France vous recevrez des pass avec pour entête HARAS NATIONAUX FRANCAIS, pour autant vos chevaux seront bien de race IRISH COB et les informations concernant les chevaux nées sur le territoire Français et enregistré par les Haras Nationaux remonteront toujours auprès du studbook mere.
C’est là qu’intervient l’IRISH COB SOCIETY FRANCE qui est l’interlocuteur reconnu par le studbook mere, (au départ L’Irish Cob Society Ireland avec la venue d’Evelyn Flynn il y a déjà 4 ans pour la mise au point de cette collaboration et maintenant avec l’ECHA-ESV, devenu l’interlocuteur dans nos démarches visant à reconnaître la race en France).
L’IRISH COB n’étant pas encore reconnu dans tous les pays d’Europe, les organismes habilités dans les autres pays se partage la gestion et le recensement des chevaux des pays qui ne sont pas encore autonomes. Evelyn Flynn elle même a fait le choix de confier la France à Marijke Heijkop de l’ICS NL pour la gestion de nos chevaux. Aujourd’hui encore il est convenu auprès du studbook mere que la hollande s’occupe de nous. Ils se sont en fait partagé le travail et les différents Pays concernés.
Ce n’est pas un choix que de travailler avec l’allemagne ou la hollande, c’est une nécessité. Il aurait été bien plus simple que l’Irlande garde son titre et ses fonctions. Mais suite à des agissements non conformes dans l’inscription des chevaux, et sans changement d’attitude face à plusieurs avertissements du ministère Irlandais, nous avons risqué de perdre des années de recensement et filiation, sans l’intervention des ICS des autres Pays et de l’ECHA-ESV pour reprendre la tête.
A CE JOUR L’IRLANDE n’a retrouvé aucun pouvoir sur la race IRISH COB. J’espère bien qu’ils y travaillent ardemment, mais en attendant nous sommes heureux de voir la race IRISH COB continuer d’évoluer et de grandir.
Il est clair que la réalisation de passeports pour nos chevaux Français par un autre Pays n’est pas très académique, mais après nouvelle confirmation des haras nationaux (appel de ce matin) nous n’avons guère le choix. Il ne s’agit que d’une situation transitoire. Il nous est indispensable d’être capable d’inscrire et recenser les chevaux présents sur le territoire Français pour pouvoir avoir un dossier solide aux Haras Nationaux pour la reconnaissance de la race. Cela n’a donc rien d’illégal que de faire appel au studbook d’origine (qui a délégué la France à la Hollande) pour obtenir des papiers attestant de l’appartenance à une race pour nos chevaux.
Beaucoup d’autres races fonctionnent encore comme cela en France ! Dans certains cas il s’agit de races étrangères possédant un studbook, mais dans certains cas il s’agit de races nouvelles, de races crées qui n’ont pas de studbook, ils se font alors « leurs propres papiers et filiation ». En attandant d’avoir un dossier assez solide et volumineux pour être présenté pour la reconnaissance (souvenez vous du Henson, reconnu depuis peu par les Haras Nationaux, lors de sa reconnaissance les Haras ont repris les livres des origines mis en place par des années de sélection par les passionnés de la race) Les feuilles d’origines n’ont pendant longtemps eu aucune valeur « officielle » mais il faillait bien commencer par quelque part…. Pour nos Irish Cob c’est plus simple, le studbook existe, il est jute « étranger ». Les Frisons ont eu pendant plus de 10 ans des passeports délivrés par le FPS hollandais, avec visite annuelle des juges pour reconnaissance, inscription et pucage des chevaux sous la mère. Encore aujourd’hui, d’après les accords passées entre les Haras Nationaux et le FPS, les juges hollandais du FPS sont aptes à pucer et identifier les poulains sous la mère lors d’inspections, même si dans la plupart des cas les poulains ont déjà eu l’occasion de voir un agent des haras nationaux avant.
LA RACE N’EST PAS RECONNUE EN FRANCE. Le nouveau texte, mis en place au mois de juin 2006 vise seulement à inscrire le nom des parents sur les papiers des poulains qui naîtront en France à partir de 2007.
Quelle que soit leur race. En effet tous les chevaux présents en France, doivent être identifies, pucés et inscrits au SIRE. Il n’est donc en théorie plus possible d’avoir un cheval d’origines inconnues. Lors de la réunion à laquelle j’ai assisté au mois de mars au Haras Nationaux, il était question de filiation uniquement après naissance grace à un test AND. Père et mère seraient alors inscrits sur les papiers du produit. Vous aurez alors un cheval d’origines connues, mais cela ne correspondra pas à l’inscription à un studbook de race. En bref même si vous croisez un Irish Cob avec un Irish Cob, votre poulain ne sera pas un Irish Cob. Il sera un cheval d’origines constatées. Sans accord entre les Haras Nationaux et le studbook mère (ECHA-ESV actuellement), donc reconnaissance de la race, les données ne seront pas transmises à la base de données de la race.
D’après les informations données par Sandrine Lyonnet, la demande des éleveurs de posséder des carnets de saillie y compris pour les étalons non reconnus par les Haras Nationaux, semble avoir été entendue. C’était loin d’être acquis à la réunion du mois de mars.
Pour ce qui est de la validation des passeports des Irish Cob importés, il n’y a aucun changement, les informations données par Sandrine sont exactes.
En conclusion, ne vous affolez pas. Rien d’illégal n’a été effectué, les passeports que vous possédez tous sont bien valides pourvu qu’en face de race (bred) apparaisse IRISH COB.
Il n’est pas facile d’écrire des informations pourtant simples, qui deviennent complexes dans le contexte actuel.
Je vous propose donc une réunion extraordinaire le premier samedi du mois d’Août, à Troyes (10)
Nous pourrons alors parler de vive voix de la situation, son histoire et son évolution.